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Le conseil national, réuni aujourd'hui, marque l'entrée des socialistes dans une période de turbulences.

Les législatives retardent l'heure de la guerre au PS

Par MYRIAM LÉVY.  Publié le 12 mai 2007

« ON EST déjà en congrès ! » Jeudi soir, ce militant parisien n'en croyait pas ses oreilles. Le conseil de la fédération de Paris ressemblait à une assemblée générale de préparation de congrès, avec, déjà, des « contributions » qui circulent, ces textes dans lesquels chaque courant affirme ses convictions pour préparer la « motion » qu'il présentera au congrès.

Une semaine après la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle, les socialistes se retrouvent aujourd'hui à la Mutualité pour un conseil national consacré à un bilan de la présidentielle et à la préparation des législatives de juin. La réunion, qui se tient à huis clos, devra notamment entériner la ­plate-forme programmatique pour les législatives, rédigée à la hâte cette semaine. Pilotée par le strauss-kahnien Alain Bergougnoux, elle a été critiquée lors du secrétariat national avant-hier matin par les amis de Ségolène Royal, notamment le sénateur David Assouline, qui a reproché aux auteurs de ne pas s'être assez appuyés sur le « pacte présidentiel » de Ségolène Royal.

Hier, alors qu'on lui demandait si cette plate-forme devait s'appuyer sur son pacte, Ségolène Royal a répondu : « Cela va de soi. » L'après-midi, le conseil national passera à l'examen des investitures, alors que des candidatures sauvages se profilent dans quelques circonscriptions, et que Ségolène Royal a fait savoir, hier, qu'elle n'avait « pas l'intention de se présenter » aux législatives, bien que tout ait été organisé la veille pour qu'elle le soit (lire ci-dessous).

S'il n'y avait pas ces législatives, le PS entrerait dès aujourd'hui dans la bataille du leadership. « Mais nous ne pouvons pas nous permettre de mener cette campagne sur fond de débat interne », affirme un élu socialiste. L'objectif est d'obtenir le plus de députés possible, pour peser dans l'Assemblée, mais surtout parce que c'est la clé du financement du parti, calculé pour une part au prorata des voix et pour l'autre en fonction du nombre de députés. Difficile aussi de prévoir un congrès extraordinaire de clarification dès l'automne alors que se profilent les élections municipales, prévues en 2008.

« L'habileté comme méthode »

Cette semaine, ils sont plusieurs à avoir posé leurs marques. Dès dimanche, Ségolène Royal a affiché son intention de continuer le combat. Hier, elle s'est dite « disponible pour tout ce qui sera utile, mais c'est le premier secrétaire (François Hollande) qui va mener la campagne ». Jeudi soir, c'est Dominique Strauss-Kahn qui avait pris date, affichant sa volonté de rénover le PS et décochant plus de flèches à l'endroit du premier secrétaire qu'à celui de Royal. Il avait notamment estimé que les difficultés du parti sont à rechercher dans « l'unanimisme comme stratégie et l'habileté comme méthode ». Une façon de re­procher à Hollande de ne pas avoir mené la rénovation idéo­logique du parti depuis 2002 en privilégiant à chaque congrès l'obtention de la synthèse la plus large entre toutes les tendances. Quant aux fabiusiens, ils restent silencieux, attendant eux aussi la fin des législatives.

Reste qu'il est bien difficile de connaître les équilibres internes. Depuis le dernier congrès du Mans, de nouveaux militants sont entrés en masse grâce à la cotisation à 20 euros, souvent pour soutenir la candidature de Royal. À Solférino, les amis de la candidate battue se vantent déjà d'être « le premier courant du parti ».

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