(original)





Click
here
to see
Google’s
translation

Révolution en Egypte

Egypte: «Je suis venu place Tahrir parce que nous assistons à une contre-révolution»
Monde 09/04/2011 à 09h47 (mise à jour à 13h42)

Place Tahrir, dans la nuit de vendredi à samedi. Place Tahrir, dans la nuit de vendredi à samedi. (Capture d’écran vidéo Youtube)

Des manifestants ont mis le feu à un bus militaire et à un camion civil sur la place Tahrir au Caire, où quelques 200 personnes étaient encore réunies samedi matin pour réclamer le départ du chef de l’armée, le maréchal Hussein Tantaoui, selon un journaliste de l’AFP. Selon des sources médicales, deux personnes ont été tuées et au moins 18 blessées dans la nuit de vendredi à samedi. Ces sources n’ont pas pu préciser si les blessures avaient été causées par balles et les décès n’ont pas encore pu être confirmés de source officielle. S’ils l’étaient, il s’agirait des premiers depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février.

La police militaire a déployé des barbelés aux abords du rassemblement, alors le sol était couverts de pierres. Certains manifestants étaient armés de gourdins, et des traces de sang étaient visibles par endroits. Un camion de l’armée à moitié brûlé se trouvait également à proximité de la place.

Ces affrontements témoignent d’une récente montée des tensions et des controverses autour du rôle de l’armée, en charge du pays depuis le départ de M. Moubarak il y a deux mois, après une période de large consensus. Des manifestants ont affirmé vouloir rester place Tahrir jusqu’au départ du maréchal Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dépositaire du pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février.

«L’autre visage de l’armée»
Le maréchal Tantaoui, 75 ans, a été pendant vingt ans ministre de la Défense du président déchu. «Je suis venu place Tahrir parce que nous assistons à une contre-révolution», a affirmé un étudiant venu manifester, Malik Asam. «J’attendais de voir l’autre visage de l’armée. Si elle continue comme cela, elle va voir l’autre visage du peuple», a déclaré un autre étudiant, Anas Mohamed.

Selon des témoins, la police militaire égyptienne a tiré en l’air à l’arme automatique samedi à l’aube pour disperser ces manifestants qui se trouvaient encore place Tahrir, au lendemain d’un rassemblement de dizaines de milliers de personnes réclamant le jugement de M. Moubarak et d’autres ancien responsables.

Vendredi, bravant des consignes de leurs supérieurs de ne pas manifester en uniforme, sept lieutenants avaient également pris la parole sur une tribune pour réclamer «le jugement des corrompus» et une épuration de l’armée. Les jours précédents, plusieurs vidéos étaient apparues sur le site internet Youtube, dans lesquelles des personnes se présentant comme d’anciens officiers accusaient le CSFA de trahir les idéaux de la révolte populaire.

L’armée est très populaire en Egypte, en raison en particulier de la retenue dont elle a fait preuve face à la foule pendant la révolte qui a provoqué la chute de M. Moubarak. Mais son image a été ternie ces dernières semaines par des accusations de violences et de tortures, et par les incertitudes et les désaccords qui persistent sur les modalités du retour à un pouvoir civil. L’armée a promis de rendre le pouvoir aux civils vers la fin de l’année, après des élections législatives et présidentielle.

(Source AFP)

Note; the Franch original has a video