La marine française récupère une boîte noire du Boeing égyptien
Des marins égyptiens portent le récipient contenant l'une des deux boîtes noires du Boeing 737. La marine française a récupéré par environ 800 mètres de profondeur l'un des deux enregistreurs de vol du Boeing 737 égyptien qui s'est abîmé en mer Rouge le 3 janvier, entraînant dans la mort les 148 personnes à bord.
© REUTERS. Photo prise le 17 janvier 2004.
PARIS/CHARM EL-CHEIKH, Egypte - La marine française a récupéré par environ 800 mètres de profondeur l'un des deux enregistreurs de vol du Boeing 737 égyptien qui s'est abîmé en mer Rouge le 3 janvier, entraînant dans la mort les 148 personnes à bord, a confirmé samedi Matignon.
"Une des deux boîtes noires du Boeing des Flash Airlines vient d'être récupérée et est remise au président de la commission d'enquête égyptienne", ont annoncé les services du Premier ministre français dans un communiqué.
"La seconde boîte a été repérée et les travaux pour sa récupération se poursuivent", ajoute Matignon.
Le Premier ministre français salue la "mobilisation des moyens civils et militaires de l'Etat" et remercie France-Télécom, qui a mis à disposition un robot sous-marin, et salue la "coopération confiante et entière des autorités égyptiennes".
On ignore encore dans quelles conditions les spécialistes français du Bureau Enquête Accident (BEA) de l'aviation civile pourront avoir accès à la première "boîte noire", sur laquelle figurent les paramètres de vol.
Dans plusieurs entretiens à différents médias, les responsables de l'aviation civile française ont expliqué avant la découverte que les Egyptiens souhaitaient décrypter les "boîtes noires" en Egypte en présence des Français avant de les leur livrer.
"La boîte noire va désormais être transférée au Caire par avion privé. Elle sera remise aux laboratoires du ministère de l'aviation civile où elle sera analysée", a déclaré aux journalistes à Charm el-Cheikh Chaker Quilada, le responsable de l'enquête égyptienne.
"Si nous trouvons la deuxième boîte noire (sur laquelle sont enregistrées les conversations dans la cabine de pilotage), nous aurons un aperçu bien meilleur de ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.
Au Caire, le ministre égyptien de l'Aviation civile a déclaré aux journalistes que l'Egypte possédait les moyens techniques nécessaires à l'analyse des données de la "boîte noire" et que si elle avait besoin de l'aide de la France, elle la demanderait "sans gêne".
"S'il s'avère que l'appareil était défectueux, nous l'annoncerons immédiatement sans aucune gêne", a ajouté Ahmed Mohamed Chafik Zaki, précisant que des experts du constructeur américain Boeing participeraient à l'enquête en tant qu'observateurs.
France et Egypte ont écarté ensemble la thèse de l'attentat et parlent d'un accident, mais le juge français André Dando, chargé d'une enquêtes pour "homicides involontaires" a suscité l'irritation du Caire en souhaitant faire des vérifications sur la personnalité des pilotes de l'avion.
L'enquête sur la catastrophe est susceptible de porter un coup sévère au tourisme, principale resssource de ce pays. Le lieutenant de gendarmerie Georges Kaemmerlen et un de ses adjoints sont en Egypte pour exécuter une commission rogatoire du juge acceptée par Le Caire.
UN AUTRE ROBOT ATTENDU SAMEDI
La marine française se sert d'un robot fonctionnant 24 heures sur 24 depuis mardi pour rechercher les enregistreurs de vols dans l'épave.
Les "boîtes noires" pourraient contenir des informations sur les raisons pour lesquelles l'avion des Flash Airlines a plongé dans la mer Rouge il y a près de deux semaines, peu après son décollage de Charm el-Cheikh.
La plupart des 148 passagers, 134, étaient des touristes français et l'équipage était égyptien.
En ce qui concerne la seconde "boîte noire", le signal permettant de la détecter est assez faible mais il persiste normalement pendant une trentaine de jours.
La marine française a annoncé qu'elle avait fait venir un autre robot attendu ce samedi, capable d'opérer à 1.000 mètres de profondeur, soit là où se trouverait la seconde "boîte noire".