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Arts
En Grande-Bretagne, la peinture sans file d'attenteLa gratuité pour tous des collections permanentes est un principe de base outre-Manche.Par Elisabeth LEBOVICI samedi 29 janvier 2005 (Liberation - 06:00) À Londres, «n'importe qui peut, pendant une demi-heure, faire un tour au British Museum ou à la National Gallery...» Ce principe énoncé par le directeur du British Museum, Neil McGregor, s'ancre dans la réalité muséale britannique. Les collections anglaises sont ouvertes gratuitement au public. Pas les expositions (d'ailleurs assez chères), seulement les collections. A commencer par celles, antiques, du British Museum, premier musée encyclopédique du monde. Son acte de création, en 1753, plaçait le musée, non sous l'autorité d'un ministère comme en France, mais d'un conseil d'administration. Depuis, les administrateurs du British, comme ceux de la National Gallery ou de la Tate Gallery, détiennent leur collection «pour le bien de tous, qui est ancré dans la gratuité des musées». Pas de file d'attente. Ce n'est pas qu'un beau principe, c'est une pédagogie. D'ailleurs, en 2001, la gratuité, supprimée une vingtaine d'années, a été rétablie pour les collections du Victoria and Albert Museum (arts décoratifs), du musée de la Science, du National Museum. Pour accéder au patrimoine, y compris le plus contemporain, il n'y a donc pas de file d'attente. On entre comme on veut. Sir Nicholas Serota, le directeur de la Tate, soutient que «plus les collections sont gratuites plus les visiteurs reviennent, et plus ils sont exigeants plus nous renouvelons nos accrochages». 4 millions de visiteurs à la Tate en 2004, soit plus du double des prévisions en 2000. La gratuité s'est, depuis, étendue à la Suède. On dit que c'est Lars Nittve, qui dirigea le gros vaisseau londonien de la Tate Modern depuis son ouverture en 2000 jusqu'en 2003, et qui, tout juste arrivé à Stockholm pour y mener la réouverture du musée d'Art moderne (Moderna Museet), a proposé la gratuité à ses autorités de tutelle. Ce qui fut accepté. Depuis le début de l'année 2005, l'entrée gratuite s'est généralisée à 19 musées publics suédois. Relation aux œuvres. Aux Etats-Unis, où les musées sont le plus souvent privés, il s'agirait plutôt du contraire. Au Metropolitan Museum of Art de New York, où l'on a longtemps gardé la politique du «payez ce que vous voulez», l'entrée coûte désormais 12 dollars (10,2 euros). Au Guggenheim et maintenant au MoMA (lire ci-contre), on frôle carrément l'arnaque. Au Prado de Madrid, où l'entrée était gratuite sur présentation de la carte d'identité, un droit d'entrée est perçu depuis 1994. Ce n'est pas que les chiffres de fréquentation y baissent, bien au contraire, mais la perception du musée et la relation des visiteurs aux œuvres changent. Et la récente annonce du tournage au musée du Louvre du Da Vinci Code, version filmée, n'est pas là pour rassurer. Si cette idée vous interesse cliquez ici. |