(original)





Click
here
to see
Google's
translation
Banlieues: Les compagnies de transport en commun s'organisent pour assurer le trafic en évitant les zones à risque.

Les autobus et les trains pris pour cibles

par Cédric MATHIOT
QUOTIDIEN : lundi 07 novembre 2005

Bus incendiés, agressions dans le RER, caillassages répétés. Les transports en commun ont été largement pris pour cible dans les violences qui touchent la banlieue parisienne depuis une semaine, provoquant l'inquiétude croissante des agents et générant des perturbations, voire des interruptions de service. L'incident le plus grave est survenu dans la soirée de mercredi à jeudi en gare de Sevran (lire ci-contre). Dans la nuit de jeudi à vendredi, ce sont 23 bus de la RATP ­ vides­ qui ont grillé dans leur dépôt de Trappes (Yvelines).

Vendredi, Anne-Marie Idrac, patronne de la RATP, s'est dite «scandalisée» par cette attaque contre les transports en commun qui sont «du lien économique, social, dans les quartiers». Selon plusieurs sources, les entreprises de transport auraient reçu, jeudi, à la suite de l'incident de Sevran, une recommandation de la préfecture de Seine-Saint-Denis de cesser le trafic après 20 heures dans les zones les plus chaudes (notamment Villepinte ou Tremblay). Ce que la préfecture ne confirme pas. Dans tous les cas, la RATP a suspendu une quinzaine de lignes de bus en début de soirée jeudi ­ et 33 sur 70 en Seine-Saint-Denis, vendredi à titre préventif ­, alors que les deux principaux opérateurs privés du département, CIF et TRA, faisaient rentrer tous leurs bus au dépôt. «C'est une mesure exceptionnelle. Mais nous avions eu deux nuits très difficiles, mardi et mercredi, avec beaucoup de tensions, des insultes et des menaces aux conducteurs, du style : si tu repasses un tour, je te crame le bus», affirme Olivier Delassus, directeur général de TRA.

A la SNCF, plusieurs agents du RER B ont invoqué le droit de retrait prévu par le code du travail et refusé de prendre leur service vendredi matin, entraînant de fortes perturbations sur le trafic. Dans la soirée, la direction régionale de la SNCF indiquait avoir mis «tout en œuvre pour assurer une reprise du trafic», décidant notamment de «reconduire des mesures d'accompagnement des trains de soirée». Au nom de la continuité du service public, les opérateurs de bus TRA et CIF affirmaient aussi avoir l'intention d'offrir un service normal à partir de vendredi, à l'exception de quelques déviations. «On a dévié une ligne pour ne pas desservir deux arrêts où on a reçu des projectiles», racontait vendredi Mohammed Ghodbane, responsable de l'exploitation des bus de CIF en Seine-Saint-Denis, ajoutant : «Ce soir, on va essayer de continuer.»