(original)





Click
here
to see
Google’s
translation
Monde: Politique étrangère, salaire minimum... : ce que la victoire démocrate aux élections de mi-mandat peut changer à la politique américaine.

L’Amérique met de l’eau dans son Bush

Par Philippe GRANGEREAU
QUOTIDIEN : vendredi 10 novembre 2006
Washington de notre correspondant

La débâcle républicaine a fait perdre de sa superbe à George W. Bush. Le président américain a signalé hier sa volonté de «travailler» avec les démocrates. Ceux-ci sont majoritaires dans les deux chambres du Congrès pour la première fois depuis douze ans (ils n’ont eu la majorité qu’au Sénat entre 2001 et 2003). Le Président, au pouvoir jusqu’en 2008, devait déjeuner avec les futurs chefs de file des deux chambres, afin de tenter de trouver des compromis sur les nouvelles orientations que les démocrates veulent imposer.

Guerre en Irak La démission, mercredi, du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a ouvert la voie à un infléchissement de la stratégie poursuivie jusqu’alors. «Je suis ouvert à toutes les idées et toutes les propositions», a concédé Bush hier. Les objectifs, et les moyens pour les mettre en œuvre, sont dans la balance.
                              . . . . . . . . . . abrégé . . . . . . . . . .

Economie et social Nancy Pelosi entend proposer immédiatement un relèvement du salaire minimum horaire fédéral de 5,15 à 7,25 dollars (de 4,29 à 6 euros). Les démocrates ont aussi promis d’abolir les abattements fiscaux accordés à l’industrie pétrolière et gazière. Ils souhaitent en outre habiliter le gouvernement à négocier les prix des médicaments avec l’industrie pharmaceutique, pour le bénéfice des plus démunis. De plus, le Congrès enquêtera sur les faveurs accordées par les républicains aux industries, tant pharmaceutiques que pétrolières.

Environnement Le camp démocrate préconise l’octroi d’un budget se chiffrant en milliards de dollars pour encourager la recherche de sources d’énergie alternative. Cette question est liée à l’Irak, de nombreux démocrates souhaitant réduire la dépendance à l’égard du pétrole du Moyen-Orient. Mais peu d’avancées sont attendues sur le réchauffement climatique. Bush, qui a refusé de signer le protocole de Kyoto, a le pouvoir d’imposer son veto. «A l’instar des républicains, nombre de démocrates, sont opposés à des mesures sur le changement climatique», note l’économiste Dallas Burtraw (lire aussi pages 11 et 31).

Immigration Un terrain d’entente est possible entre démocrates et républicains ­ qui se sont aliénés de nombreuses voix hispaniques après leur décision de construire une barrière à la frontière mexicaine. Le projet de Bush, qui n’a pas été suivi par son parti ­ plus restrictif que lui sur cette question ­, consistait à régulariser temporairement une partie des 11 millions de clandestins, et à créer un programme de «travailleurs invités». Les démocrates n’y sont pas hostiles.

Libertés publiques Avec pour objectif la présidentielle de 2008, les démocrates s’attaqueront avec prudence à ce sujet controversé. Les décisions prises par Bush dans le cadre de sa «guerre contre le terrorisme» (qu’il s’agisse du statut de la prison de Guantánamo Bay, de la question de la torture ou des écoutes téléphoniques sans mandat) seront néanmoins examinées et supervisées de plus près.