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Monde: En Irlande du Nord, Sinn Fein (parti catholique) et le DUP (protestant) doivent former un gouvernement avant le 26 mars.
Ian Paisley et Gerry Adams partenaires malgré euxPar LOËT Karine LE QUOTIDIEN : samedi 10 mars 2007
«Pécheurs catholiques». Mais tout reste à faire. Car pour restaurer l’institution, Sinn Féin et le DUP doivent s’entendre, avant le 26 mars, sur la formation d’un gouvernement bi-confessionnel. Or, dans le camp unioniste, la réticence est la règle. Appelé à devenir Premier ministre, Ian Paisley renouvelait, en novembre dernier, son refus de collaborer avec les catholiques. Parmi les points d’achoppement, la nomination au poste de vice-Premier ministre de Martin McGuiness, second du parti républicain. Or l’homme incarne, pour les protestants, l’archétype de l’ennemi. Ancien chef de l’IRA, l’ex-branche armée de Sinn Féin, il a connu la prison pour avoir participé à une tentative d’attentat dans les années 70. L’unioniste Ian Paisley sera-t-il prêt à tendre la main aux «pécheurs catholiques» ? Rien n’est moins sûr. Alors que les urnes livraient jeudi leurs premiers résultats, l’homme affirmait que «les membres de Sinn Féin ne seront pas invités à la table des négociations avant de s’être clairement déclarés en faveur de la démocratie. Je suis un démocrate [...]. Je ne discute pas avec Sinn Féin tel qu’il est aujourd’hui». Pour les républicains, il s’agit là d’une nouvelle tentative du pasteur pour repousser un partage du pouvoir risquant d’affaiblir son image. L’homme, connu sous le surnom de Dr No, a gagné sa notoriété en affichant une inflexibilité légendaire. «Tout s’écroulera». Au même moment, Gerry Adams renouvelait sa volonté de négocier avec les unionistes et assurait avoir rempli sa part du contrat. En 2005, l’IRA, la faction armée de son parti, a déposé les armes et, fin janvier 2007, ses élus ont voté pour la reconnaissance de la police, longtemps accusée d’être le bras armé du camp protestant. Pour Gerry Adams, la balle est dans le camp unioniste : «J’aimerais penser que Ian Paisley va utiliser ce vote de manière positive.» Même son de cloche du côté de Tony Blair et de son homologue irlandais, Bertie Ahern, réunis hier lors d’un sommet européen à Bruxelles : «Nous appelons les partis à relever ce défi et à placer l’Irlande du Nord sur le bon cap [...]. La restauration des institutions semi-autonomes représente une occasion historique. Il ne faut pas passer à côté.» Dans les consciences, il faudra encore du temps avant de voir le vieux révérend unioniste discuter courtoisement avec ses rivaux républicains. Or du temps, le Premier ministre de la République irlandaise n’est plus prêt à en donner. «L’affaire doit être réglée avant le 26 mars, il n’y a pas d’alternative, a affirmé Bertie Ahern. Soit l’Assemblée nord-irlandaise sera rétablie avec un gouvernement biconfessionnel à sa tête ou tout s’écroulera.» Si les deux partis n’arrivaient pas à s’entendre, l’institution serait à nouveau dissoute, et le pouvoir reviendrait aux autorités de Dublin et de Londres. |