(original)





Click
here
to see
Google’s
translation
Vous: Paula Begoun, vigie et critique des cosmétiques outre-Atlantique, épingle entre autres les crèmes anti-âge:

«Même Estée Lauder est morte avec ses rides»

Par Catherine MALLAVAL
QUOTIDIEN : samedi 24 mars 2007

Cette femme voluptueuse qui prend un café américain dans le salon d’un grand hôtel parisien agite des mains soigneusement manucurées. Elle secoue une crinière brushinguée façon US. Mais jamais, jamais, même quand elle se lance dans des envolées musclées contre certains produits cosmétiques, elle ne plisse le front. Six ans qu’il est tout lisse. Tendu comme un arc par du Botox. «Et alors ? sourit Paula Begoun, 53 ans. Regardez Nicole Kidman, Sandra Bullock, Sarah Jessica Parker... Ça fait bien dix ans que plus aucun front ne bouge à Hollywood. Que voulez-vous, aucune crème ne peut rivaliser avec une injection de Botox !» Un peu paralysée du cerveau aussi, cette madame Begoun, qui eut un temps l’insigne honneur de maquiller le président Jimmy Carter ? Taratata.

Cette coquette qui ingurgite, de façon quasi compulsive, des foultitudes de publications scientifiques depuis ses 18 ans, est incollable sur le Paraben (ce conservateur très largement répandu dans les produits de beauté) et autres composants synthétiques. Oui, cette femme qui veille à gommer ses rides joue, depuis vingt-cinq ans outre-Atlantique, la fliquesse du monde de la cosmétique. A coups de bouquins, dont elle a vendu quelque 3 millions d’exemplaires, du style Blue Eyeshadow Should Absolutely Be Illegal («on devrait interdire le fard à paupières bleu», consacré à ce que l’industrie du cosmétique préfère cacher aux consommateurs). Et, sur Internet, où elle distille ses conseils et passe en revue toute l’actualité de la beauté (genre le pire produit du mois...). La récente version européenne du site doit bientôt être disponible en français.

Prisée des plateaux de télé ( The Oprah Winfrey Show, par exemple), où les producteurs la prient quand même d’y aller mollo sur le nom des marques (donc des annonceurs), elle est en revanche tricarde dans tous les magazines féminins américains qui tirent une très large part de leurs subsides de pubs pour des produits de beauté : «Un jour, Helen Gurley Brown, la rédactrice en chef mythique de Cosmopolitan, m’a dit tout le bien qu’elle pensait de mes livres, mais m’a prévenue que jamais elle ne me mentionnerait dans son magazine» (soupirs).

Comme tous les ans au même moment, on nous vante de nouvelles crèmes anticellulite. Ça marche ? 

Totalement inutile. Ces produits sont apparus dans les années 70. Depuis le temps, si ça marchait et vu toutes les crèmes dont les femmes se tartinent, on ne devrait plus voir de cellulite sur les plages de la Côte d’Azur ! On dit souvent que la caféine est efficace. Personnellement, j’habite Seattle, la ville de naissance des cafés Starbucks. Cela fait trente ans que j’en bois et je n’ai toujours pas constaté d’amélioration.

Finalement, que conseillez-vous ? 

Se protéger des rayons du soleil donc. Et ne pas fumer. Fumer nécrose les capillaires, casse l’élasticine, le collagène... C’est peut-être encore pire que le soleil. A quoi bon s’acheter des super crèmes si on fume, c’est comme manger des brocolis pour ne pas attraper un cancer du poumon quand on est fumeur ! Enfin, je conseille aux jeunes femmes de ne pas gaspiller leur argent en produits de beauté. Mais de le placer à la banque pour s’offrir, plus tard, avec les intérêts, un bon chirurgien plastique.