LEMONDE.FR | 17.01.04 | 08h56 • MIS A JOUR LE 17.01.04 | 15h01
Les manifestants dénoncent le projet de réacteur européen à eau sous pression (EPR), appelé à remplacer une partie du parc actuel de centrales nucléaires.
Les anti-nucléaires manifestent samedi 17 janvier à Paris contre la relance de cette énergie en France. Symboliquement, ils ont démarré leur défilé à reculons pour dénoncer ce qu'ils estiment être un "retour au passé". Ils prévoient également de construire une pyramide de 3500 boites de conserve recouverte d'un trêfle radioactif, symbolisant le casse-tête des déchets nucléaires. Le rassemblement emmènera les manifestants de la place de la République au ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, à Bercy.
Les manifestants dénoncent en particulier le projet de
réacteur européen à eau sous pression (EPR),
appelé à remplacer une partie du parc actuel de centrales
nucléaires et qui devrait recevoir prochainement le feu vert du
gouvernement. Selon les anti-nucléaires, l'EPR n'apporte aucun
progrès notable, tout en présentant "tous les risques
inhérents au nucléaire" (accident, déchets,
prolifération...). "L'EPR est un projet inutile et
dangereux", résume Michèle Rivasi, directrice de
Greenpeace France. "Le plus grave est que sa réalisation va de
nouveau vampiriser les ressources humaines et financières qui
font tant défaut dans la mise en place des priorités
reconnues par tous : énergies renouvelables,
sobriété et efficacité
énergétique", ajoute-t-elle.
"On assiste de fait à une relance du nucléaire, par la
bande, qui pourrait donner lieu à des investissements
faramineux", estime Stéphane Lhomme, porte-parole du
Réseau "Sortir du Nucléaire", qui revendique 650
associations membres, et est l'un des principaux organisateurs de la
manifestation.
Quant au projet de fusion nucléaire et de réacteur
expérimental Iter, vanté par de nombreux scientifiques
comme une source d'énergie propre et quasiment
inépuisable, les anti-nucléaires n'y voient qu'un
"avatar pharaonique" du lobby de l'atome.
"LE MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR CHERCHE À SEMER LE
TROUBLE"
Les organisateurs de la manifestation parisienne espéraient mobiliser au-delà du cercle traditionnel des opposants au nucléaire et rassembler plus de 10 000 personnes. Ils ont enregistré le soutien de Cap 21, le parti de Corinne Lepage, plutôt située à droite sur l'échiquier politique, de Respire, une association proche du socialiste Laurent Fabius, de plusieurs fédérations syndicales (Sud-rail, Sud-PTT, CFDT du Morbihan...) et de sections départementales d'Attac. Se sont également associés à la manifestations les Verts, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et la Confédération paysanne.
Il demeure cependant un problème : la préfecture de
police a autorisé deux manifestations sans aucun rapport au
même endroit. Le Parti des musulmans de France (PMF) a
appelé lui-aussi à manifester à 14 heures à
partir de la place de la République pour dénoncer le
projet "islamophobe" d'interdire les signes religieux à
l'école. "Cela fait trois mois que nous préparons cette
manifestation et que nous avons déclaré notre
itinéraire. Nous sommes persuadés que le ministère
de l'Intérieur cherche à semer le trouble", explique
Stéphane Lhomme.
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