Rosetta brosse le portrait de 67P/Churyumov-Gerasimenko

Le 12/11/2014 à 09:30 - Par Rémy Decourt, Futura-Sciences

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À quelques heures de l’atterrissage de Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, les premières données scientifiques acquises par Rosetta font état d’une comète comme il en existe beaucoup d’autres dans l’espace, composée d’environ un tiers de silicate, un tiers de glace et un tiers de matière organique.

La particularité de cette comète, c’est sa forme. Un temps on a pensé qu’il pouvait s’agir d’un assemblage de deux morceaux distincts mais il est très vraisemblable que Churyumov-Gerasimenko soit en train de se couper en deux, au niveau de la région dite du cou. Comme l’attestent les images, cette région perd beaucoup de matière, ce qui rend la comète fragile, de sorte qu’elle peut se casser demain... ou dans 10.000 ans. Ce processus est très courant. Par exemple, la comète 46 P/Wirtanen, cible initiale de la mission, s’est depuis fracturée en une vingtaine de morceaux. De tels sursauts d’activité ne sont pas localisés seulement au niveau du cou, Rosetta en a observé sur toute la surface, mais ils sont en plus grand nombre dans cette région.

Cette comète ressemble aux autres... sauf par la forme

Une mesure importante effectuée par Rosetta est celle de la densité. La connaître, c'est mieux comprendre comment les composants élémentaires se sont agrégés dans la nébuleuse primitive pour former les comètes. Dans le cas de Churyumov-Gerasimenko, les scientifiques l’ont estimée à partir de la masse de la comète, laquelle a été mesurée durant les triangles d’approche effectués par Rosetta avant de tourner autour de la comète. Les déviations observées étaient dues à la force de gravité de ce petit corps. Ainsi, la masse de Churyumov-Gerasimenko est-elle évaluée à 10 milliards de tonnes, avec une densité probablement comprise entre 0,4 et 0,45.

Il s'agit donc d'une comète très poreuse, ce qui n’est pas surprenant. Cela s’explique par la présence de silicate mais surtout de glace, glace qui se sublime et fait des trous (d’où la porosité), et enfin de matière organique réfractaire qui a tendance à partir. Ces pertes de matière conduisent à la formation d'interstices.